Article posté par Jay Vidyarthi
Lundi 23 Août 2010

6 règles pour lier les sciences, les arts et le design de l’expérience utilisateur

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Dans les projets de design industriel incluant tout ce qui touche à l’amélioration de l’expérience utilisateur, que ce soit un système de télévision interactive aux recherches utilisateurs pour un produit en devenir, les concepteurs font face au défi de rapporter les meilleures pratiques et les résultats de l’analyse contextuelle dans une interface utilisateur efficace.
J’ai noté une certaine confusion en ce qui concerne l’importance à donner aux données quantitatives et qualitatives. Le design de produits ou systèmes commerciaux semble se placer sur un mince fil entre le subjectif et l’objectif. Ce fait soulève une question importante : comment savoir quand on doit se fonder sur les statistiques et quand on doit faire confiance à notre instinct créatif ?

La démarche scientifique pour résoudre un problème est de formuler l’hypothèse d’une solution basée sur des travaux antérieurs, tester de façon expérimentale et présenter des résultats. Grâce à cette théorie et aux expérimentations, nous pouvons ainsi tirer des conclusions qui nous aident à avoir une meilleure compréhension des problèmes réels et à les résoudre. Et ainsi va la science du design de l’expérience utilisateur.
Basé sur l’expérience acquise, les meilleures pratiques, la preuve des expérimentations, je peux suggérer une solution de design qui serait susceptible d’optimiser l’interface entre une technologie et ses utilisateurs. « Réaliser des tests d’utilisabilité me permet de valider l’interface proposée et ajuster le système, créant ainsi une interface utilisable et prévisible ». Simple, non? Pas vraiment.
Ce qu’il manque à cette description c’est l’aspect artistique. En vérité, la conception des interactions humains-machines (IHM) ne peut que tirer avantage d’une approche créative. Lorsque nos clients désirent des systèmes qui engagent l’utilisateur et attirent tout en exhibant un sens du flux, nous devons aller au-delà des objectifs et des méthodes scientifiques incrémentales.

La démarche artistique représente une augmentation du risque mais aussi un potentiel de gain (surtout face à une industrie en croissance et compétitive).
Notre forme d’art évolue à partir de notre expérience de conception de produits innovants, de projets multiples et de contexte variés et nous améliorons notre habileté à créer des design qui communiquent bien avec les utilisateurs; plus notre compréhension de l’expérience humaine est grande, plus nous pouvons proposer des solutions d’interactions complètes, riches et créatrices.

6 règles pour lier les sciences, les arts et le design de l’expérience utilisateur

  • 1. Une approche complètement objective et basée sur les faits est toujours une valeur sûre lorsque le temps et le budget sont limités. Si vous travaillez sur un projet court et où aucun temps n’est prévu pour intégrer des méthodes de conception un peu plus abstraites et des tests utilisateurs formels, alors une approche plus objective est généralement un bon moyen de minimiser les risques et d’obtenir un résultat rapide avec le minimum de controverse à l’interne.
  • 2. Avec un client qui est prêt à prendre des risques en prévision d’un gain plus important, une approche complètement objective et basée uniquement sur les faits est une occasion ratée. Bien que l’utilisabilité d’une interface puisse être grandement améliorée par une approche objective et scientifique, les autres composantes de l’expérience utilisateurs ont tendance à être négligées. Lorsque c’est possible, essayez d’amener des approches créatives et innovantes car celles-ci peuvent aider à enrichir l’ensemble du flow, la modélisation mentale, l’engagement, les facteurs hédoniques (plaisir), et la satisfaction des utilisateurs. Dans une industrie florissante, des solutions innovantes peuvent devenir un avantage concurrentiel capital.
  • 3. Une approche créative complètement improvisée n’est jamais une très bonne idée. Ça peut fonctionner occasionnellement au niveau du design graphique et visuel, mais les principes et les recherches actuelles de la psychologie humaine et industrielle nous permettra d’éviter de se lancer à l’aveuglette dans l’espoir que nos utilisateurs réagiront bien. Il ya toujours une place pour la science, même dans les approches les plus créatives.
  • 4. Les faits non seulement permettent de prédire le comportement, mais ils sont aussi une source d’inspiration de solutions créatives. Les données sur la façon dont les utilisateurs interagissent avec un système suggèrent, de façon évidente, une solution. Par exemple, le fait que 90% des utilisateurs n’aient pas remarqué le bouton X suggère que ce bouton doit être travaillé pour être agradi et plus apparent . Toutefois, lorsque tous les problèmes sont identifiés, il devient évident qu’il faut faire des choix (tout ce qui est à l’écran ne peut être mis en avant), la solution n’est pas d’agrandir tous les boutons. Certaines données comportemantales peuvent stimuler et approfondir l’instinct des concepteurs. C’est là que l’approche créative du designer expérimenté peut résoudre de nombreux problèmes tout en implémentant une solution de design élégante.
  • 5. Plus vous testez et plus vous pouvez vous permettre de prendre un risque créatif. Si, dans un projet, vous avez prévu plusieurs tests itératifs, l’équipe de design doit en être informée d’une innovation ou d’une itération possible. Les méthodes de conception latérales et moins dirigées comme le prototypage parallèle et les ateliers de groupe peuvent conduire à des solutions innovantes et avant-gardistes qui permettront non seulement d’optimiser la convivialité de l’interface, mais de générer une expérience utilisateur engageante et séduisante dont on entendra parler. Bien sûr il y aura aussi dans cette aventure des tests moins probants et des chemins sans issus, mais sans expérimenter, comment peut-on s’attendre à innover ?
  • 6. Tourner les coins ronds lorsqu’ils ne porent pas atteinte aux scénarios d’usages les plus fréquents. Lorsqu’on test un design avec de nombreux utilisateurs, si une très petite minorité d’entre-eux rencontre des problèmes avec un élément en particulier, cela pourrait sembler statistiquement peu pertinent. Toutefois, si de tels problèmes peuvent être corrigés sans affecter les autres utilisateurs, ça vaut le coût de les régler. Pensez-y, lors d’un test si seulement 1 participant sur 10 a des difficultés avec un des aspects de l’interface, le problème pourrait être soit négligeable ou bien il pourrait se transcrire à 10% de vos utilisateurs, ou peut-être même plus ! Si vous avez identifié un problème facile à résoudre ne nuisant pas à l’expérience d’autres utilisateurs, pourquoi prendre le risque de ne pas régler ce problème ?

En espérant que ces petits conseils vous aideront à marcher sur la ligne !

Article posté par Joëlle Stemp
Lundi 09 Août 2010

Il ne reste que 2 jours pour l’inscription hâtive pour le www.uxmasterclass.com

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Yu Centrik et UX alliance organisent la première conférence internationale sur l’expérience utilisateur “UX Masterclass” le 20 septembre prochain à Montréal.

Cet événement unique est destiné aux professionnels de l’expérience utilisateur et aux enthousiastes. Des conférenciers-experts de 25 pays viendront présenter des études de cas et discuter des tendances de notre industrie.

Le nouveau site Web de la conférence est en ligne, des infos complémentaires sur le programme de la conférence et l’inscription en ligne sont disponibles dès à présent.

Article posté par Pierre-Alexandre Lapointe
Mardi 15 Juin 2010

Conférence Euroitv 2010 - fin

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Voici un petit résumé éclair de quelques présentations:

  • L’utilisation du téléviseur comme système de rappel de prise de médicaments pour les ainés (Brésil). Pas fou comme idée.
  • Panel sur l’impact de la télé Internet sur la télé traditionnelle. Le déroulement de ce panel s’est passé un peu bizarrement. Chaque présentateur a défendu une idée, l’un après l’autre sur l’avenir de la télé (le guide horaire va mourir, l’avenir est au placeshifting, le contenu de qualité sera roi, etc. ).
  • Les attentes des utilisateurs en terme de système d’identification sur un téléviseur interactif (pour avoir une expérience personnalisée). Étude sur l’acceptabilité potentielle de différents modes d’identification sur son téléviseur en Autriche. Étrangement, c’est l’identification par empreinte digitale qui s’est avérée la préférée des utilisateurs…?
  • Étude comparative entre télécommande traditionnelle et une télécommande à pavé tactile : Les deux télécommandes arrivent à peu à égalité en terme de taux d’erreur, mais celle à pavé tactile exige beaucoup plus de mouvements de l’utilisateur. L’auteur termine en mentionnant que ces télécommande sont d’après lui voués à devenir populaires dans 5 ans, le temps que les utilisateurs d’interface “Touch” deviennent la majorité.
  • Les recommandations: comme le contenu est devenu trop vaste, les guide horaires sont appelés à se faire remplacer par des systèmes de recommandations intelligents. Un chercheur a présenté un survol intéressant de la problématique des systèmes de recommandations. Un des défis est la notion de temps: il est difficile de faire des bonnes recommandations au début car on n’a aucune donnée sur l’utilisateur initialement (profilage implicite). Il a ensuite présenté une méthode pour optimiser cette technique, un peux complexe.. Sur le même sujet, un autre auteur a résumé une étude sur l’usage d’un logiciel de recommandation de vidéos You Tube sous forme d’application Facebook. Leur système utilise un mode combinant des mesures subjectives et explicites (l’utilisateur cote des vidéos) et le mode objectif (analyse automatisée des habitudes d’écoute - ex: durée d’écoute d’une vidéo, type de vidéos les plus écoutées, etc.). Il indique que les données explicites et implicites ont l’air de converger, et que cette méthode combinée est prometteuse. Toutefois, la majorité des participants ont indiqué qu’ils ne continueraient pas l’expérience après…la jugeant trop exigeante…
Article posté par Pierre-Alexandre Lapointe
Vendredi 11 Juin 2010

Conférence Euroitv 2010 - jour 3

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Michael Darnell de Microsoft Mediaroom a présenté les résultats d’une étude comparative de 6 modes de sauts (skip) des publicités sur les émissions capturées sur un enregistreur numérique. Les modes d’interaction allaient du simple avancement (Fast Forward) à un mode de navigation. Sa conclusion : le mode d’interaction préféré des utilisateurs est celui où le système présente des miniature des différentes scènes de l’émission dans lesquelles l’utilisateur peut naviguer pour éventuellement sauter la publicité. Il s’avère que ce mode est aussi celui où les utilisateurs n’ont généralement aucun souvenir de la publicité présentée, celle-ci n’étant pas assez visible à l’écran

Nous avons ensuite faite une visite guidée de la ville, qui est une ville principalement industrielle. La ville est toutefois entourée de deux grands lacs ce qui offre un paysage assez spectaculaire.

Ce matin, nous avons eu droit à une présentation intéressante de Nokia. Le chercheur a ainsi montré quelques concepts sur lesquels planchent la compagnie, notamment la “Mixed Reality” qui utilise les accéléromètres et le GPS des téléphones mobiles pour augmenter la réalité en superposant des éléments d’informations par dessus l’image vidéo. Ainsi, l’utilisateur peut par exemple pointer un musée devant lui pour voir apparaitre différentes informations telles que l’horaire de celui-ci, les commentaires d’utilisateurs qui y sont allés, etc.

Le concept n’est pas tout à fait nouveau mais son exécution est très impressionnante. En outre, j’ai bien aimé la démonstration d’une technologie de Navteq qui permet de capter via laser l’architecture d’une ville en utilisant une voiture spécialement équipée afin d’en faire un modèle 3D très détaillé, ce qui permet ensuite de pouvoir combiner cette image 3D à la vidéo captée par l’utilisateur via son appareil mobile, et enfin d’afficher sur l’appareil des informations comme si elles étaient collées réellement aux surface (la “Mixed Reality” en question).

Article posté par Pierre-Alexandre Lapointe
Vendredi 11 Juin 2010

Conférence Euroitv 2010 : jour 1-2

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J’ai présenté une méthode comparative de test lors d’un atelier à la conférence euroitv 2010 qui se déroule présentemment à Tampere en Finlande.  Nous avons discuté des différentes méthodes de recherches utilisateurs (user research) et dans quel contexte les utiliser. Voici un schéma synthétisant les idéations de l’atelier qui a duré toute la journée. Voilà ce que ça donne quand des experts mondiaux se rencontrent ;=)

La présentation d’ouverture de jeudi matin a été faite par Marcos Gonzalez-Flower de Siemens IT Solutions and Services, une entreprise allemande sur les défis des cablodiffuseurs. Il a parlé du rôle des diffuseurs qui doit évoluer pour se positionner éventuellement comme de simples aggrégateurs de contenus, les utilisateurs étant de plus en plus interessés à construire eux-même leur offre télévisuelle par la personnalisation et l’usage grandissant des enregistreurs personnels qui permettent de regarder nos émissions favorites au moment où l’on veut, ce qui résulte en l’abandon progressif de l’écoute télévisuelle linéaire classique.

Il a démontré que toute cette transformation affectera le monde de la publicité, qui devra redoubler d’efforts afin de proposer de nouveaux modèles de publicité innovateurs. À ce sujet, il a parlé du nouveau concept de SKY en Angleterre, appellé Adsmart, concept qui consiste à envoyer des publicités personnalisées (en fonction de l’écoute de l’utilisateur) localement sur le terminal de l’utilisateur et de déclencher ces publicités au moment opportun (entre les segments d’émissions ou entre deux émissions, enregistrées par l’utilisateur ou en direct). Il a également indiqué que les publicités pourraient également s’afficher lors des chargements de contenus ou des applications.

J’ai ensuite assisté à quelques présentations, dont une sur l’usage des applications interactives en  Belgique. On y démontrait que les utilisateurs sont lents à adopter les applications interactives de leurs télé. L’auteur suggère que la personnalisation du contenu est une voie prometteuse pour augmenter l’usage des applications telles que la vidéo sur demande.

Article posté par Joëlle Stemp
Lundi 31 Mai 2010

User Experience Masterclass à Montréal le 20 septembre 2010

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Yu Centrik et UX alliance organiseront la première conférence internationale sur l’expérience utilisateur “UX Masterclass” le 20 septembre prochain à Montréal.

Cet événement unique est destiné aux professionnels de l’expérience utilisateur et aux enthousiastes. Des conférenciers-experts de 25 pays viendront présenter des études de cas et discuter des tendances de notre industrie.

Des infos complémentaires sur le programme de la conférence et l’inscription seront bientôt en ligne sur le site de la conférence.

Article posté par Joëlle Stemp
Mardi 18 Mai 2010

Un podcast entre Jay, Jared Spool et Robert Hoekman Jr.

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Écoutez la discussion sur le design de médias sociaux et le design de persuasion, entre Jay Vidyarthi, Jared Spool et Robert Hoekman, Jr.
http://www.uie.com/brainsparks/2010/04/30/userability-podcast-15-going-social/

Article posté par Joëlle Stemp
Mercredi 24 Février 2010

Cellulaire et contexte d’usage

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Voici un exemple à ne pas suivre…

Celui d’un cellulaire à carte, à prix modique, vendu par SFR. Idéal comme miroir mais atroce pour effectuer les tâches simples pour lesquelles il a été conçu (faire et recevoir des appels).

Ne jamais oublier que l’un des principes de base en conception de dispositifs mobiles est LE CONTEXTE D’USAGE. Il faut s’assurer entre-autres :

  • que les composantes physiques
  • et que le contraste de l’interface

soient efficaces en plein jour et dans un environnement ensoleillé.

De façon évidente, le fabricant de ce cellulaire a oublié ces conditions de base.

Article posté par Jay Vidyarthi
Mercredi 10 Février 2010

Un tiers monde autodidacte

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Je suis de retour depuis peu d’une visite en Inde, pays d’origine de mes parents avant qu’ils n’immigrent au Canada. Ce voyage fut enrichissant à plusieurs égards. Les innombrables découvertes que j’y ai faites sont parsemées d’aspects économiques et technologiques qui pourraient intéresser nos lecteurs. Si vous êtes un grand voyageur, vous les verrez probablement comme des anecdotes de voyage et je vous encourage à partager avec nous vos expériences dans cette partie du monde.

Alors que la majorité des villes indiennes sont de plus en plus occidentalisées et que le pays a la réputation d’être devenu le berceau du développement technologique, la prolifération des technologies a débordé des villes jusque dans les campagnes rurales et même dans les fermes éloignées. Laissez-moi vous en dresser un portrait : imaginez un jeune ouvrier agricole indien, torse nu, les jambes drapées d’une jupe en tissu. Il monte un des taureaux de la famille, l’amenant lentement de l’autre côté du village. Dans une main, il a une baguette en bois qu’il utilise pour conduire le taureau dans la bonne direction, et dans l’autre main, un téléphone cellulaire.

En dépit de ma compréhension limitée de sa langue, je comprends qu’il discute des travaux de la ferme. C’est le genre d’images vivaces dont j’ai été le témoin dans cette campagne éloignée du nord-est de l’Inde. La scène se passe dans une plantation de canne à sucre sans électricité garantie, sans canalisation d’eau (ni eau chaude d’ailleurs!), mais avec deux petites tours de téléphonie cellulaire.

Le tiers monde est en train de faire un bon en avant collectif de 100 ans en développement technologique. Lorsque nous tentions de faire évoluer nos automobiles voraces en essence, nos téléphones à roulettes et nos ordinateurs à tube vacuum vers notre monde de technologie actuelle, le fruit de notre avance s’est mondialisé.

Cet enfant est passé directement d’une situation où il n’avait accès ni à un téléphone, et ni à une ligne de communication, au téléphone cellulaire. Dans un futur proche, je peux imaginer ces enfants du tiers monde s’engager dans des technologies leur donnant accès à leur courriel et à l’exploration du Web (peut-être même que le iPad est une étape dans cette direction d’interface simplifiée donnant accès à Internet?). Plusieurs parlent de la division digitale comme un problème émergeant de notre monde déjà assez débalancé. J’affirmerai que cette division sera comblée par la mondialisation de nos technologies les plus modernes, efficientes et abordables.

Qu’est-ce qu’un accès Internet veut dire pour les gens des campagnes rurales et les citoyens du tiers monde? Malgré les tentatives infructueuses de créer un système d’éducation structuré et organisé (J’ai visité plusieurs écoles rurales indiennes), on note un manque évident d’enseignants engagés qui possèdent une connaissance et des compétences de niveau international. Des anecdotes sont sans arrêt racontées de parenté intelligente ayant réussi à sortir du tiers monde. Et ces histoires ont engendré une génération de jeunes enfants de zones rurales possédant une intelligence et une passion sans borne pour l’éducation, ce qui est paradoxalement devenu rare dans notre monde développé.

La lumière que j’ai vue dans les yeux de cette jeune villageoise de 8 ans qui étudiait l’anglais et la biologie dans des livres, 12 heures par jour de son plein gré, en dit long sur sa détermination à vouloir changer son destin. Son intention claire et ferme de devenir médecin et de déménager à l’étranger est un contraste brutal avec les intérêts d’une jeune enfant du même âge dans le monde développé. La fluidité de sa conversation en anglais avec moi, anglais, qu’elle a d’ailleurs auto appris représente un premier pas bien calculé de son village éloigné à la scéne mondiale.

Au fur et à mesure que les technologies mobiles se développent et que ces jeunes enfants de la campagne ont accès à la richesse des informations disponibles sur Internet, il est fort possible que cet appétit bouillonnant pour l’éducation sera satisfaite par l’auto apprentissage. Le potentiel pas encore mis en valeur des travailleurs ingénieux et non éduqués rencontrés dans les moulins des cannes à sucre à proximité du village pourrait être mis à profit avec l’arrivée des technologies de l’information. L’arrivée sur le marché de populations du tiers monde technologiquement avancées, auto-apprenantes et déterminées peuvent être renversantes et avoir des conséquences sur notre économie, particulièrement dans le contexte de baisse économique vécue ces derniers dix ans.

Comment allons-nous nous préparer à l’assaut de ces nouveaux talents? La première question est très égoïste: comment pouvons nous être compétitifs et renforcer nos compétences et nos expériences uniques ? Plus important encore, comment pouvons-nous altérer nos systèmes économiques et nos exigences afin d’évaluer et embrasser ces personnes talentueuses, tout en sachant qu’elles ont la capacité d’aider à résoudre des problèmes mondiaux en dépit de leur manque de diplômes universitaires et d’attestations officielles?

Article posté par Joëlle Stemp
Lundi 11 Janvier 2010

Le virtuel, l’ambiant et le minimalisme

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Lors d’une réogarnisation de mon appartement, en replaçant les nombreux CD, DVD et livres dans la bibliothèque, j’ai réalisé qu’au moins 1 an s’était écoulé sans que je n’ai écouté un des CD placés sur les tablettes, ni relu un livre en format papier et que je n’en n’avais ni l’utilité, ni l’envie de les garder en ma possession.

Mon écoute de la musique a insidieusement transgressé d’un objet physique le CD, à un environnement musical virtuel ayant pour support le lecteur mp3, l’ordinateur portatif et la télé via Apple TV. Depuis 1 an, j’ai aussi consommé des livres audio à écouter ou à lire à partir de mon iphone et je suis maintenant prête à essayer les nouveaux supports de lecture tel le Kindle évalué par plusieurs comme prometteurs d’une expérience de lecture à l’écran intéressante.

L’arrivée de la vidéo sur demande et autres applications de Web télé offrant la possibilité de visionner des films à partir de différents médias m’ont aussi éloignée du club vidéo et là encore, l’idée de collectionner des DVD ne m’est plus  aussi attrayante qu’elle l’a pu l’être. Je continue à acheter ou louer des DVD au Club vidéo mais de façon plus sporadique et en format HD et Blu-Ray uniquement pour vivre une expérience optimale de visionnement. Dans mon salon, mes photos souvenirs de proches ou de vacances s’affichent de façon aléatoire sur le grand écran de la télé créant ainsi une atmosphère familière et douillette.

J’ai questionné mon entourage sur leurs usages pour réaliser que la majorité de mes amis plutôt technos ont eux aussi changé leurs pratiques tant au niveau de l’écoute de la musique que du visionnement de vidéos, par contre ils ne sont pas encore passés au livre audio ou numérique et plusieurs ont signifié de façon très émotionnelle leur attachement à la sensation de palpation du livre et à l’odeur de l’encre sur le livre neuf. Si ce n’est que ça, je suis certaine que ce n’est qu’une question de temps avant que cela ne puisse se faire.

J’ai alors eu une vision de demain ou est-ce après-demain, où  mon lieu de vie serait peu encombré d’objets, un lieu minimaliste et ambiant où les décorations murales projetées changeraient au gré de mon humeur. Me débarrasser des CD ou des DVD semble acceptable auprès de mes amis mais pas de me défaire de tous mes livres. Et pourquoi pas ?

J’aime à penser que les changements de paradigmes qui s’opèrent présentement auront un effet sur notre rapport à la consommation et à la possession, transformant ainsi nos environnements de vie. L’idée est plaisante d’imaginer que plus le virtuel et les environnements ambiants seront intégrés dans nos vies et plus nous vivrons dans des lieux minimalistes.

De fait, si nous vivons dans des lieux plus minimalistes serons-nous plus écologistes ?