Archive for the ‘Psychologie cognitive’ Category

Article posté par Alice Malisia
Mercredi 13 Mai 2009

La zone de securité des fureteurs

Image de Alice Malisia Alice Malisia - Comments 4 Commentaires

Comme firme spécialisée en utilisabilité nous réalisons, entre autres choses, beaucoup de tests d’utilisabilité de sites web. Une des méthodes dont nous nous servons est le test à distance. Le test à distance permet une observation de l’expérience utilisateur à partir de l’environnement naturel des participants. C’est un outil intéressant qui favorise la compréhension du vécu des utilisateurs et ce à partir de leur ordinateur et de la configuration habituelle de leur fureteur.

Notre but étant de tester l’utilisabilité de sites Web spécifiques, nous n’avions pas prévu d’en venir à analyser la configuration des fureteurs et cela ne faisait pas partie de nos objectifs de départ. Toutefois, les études à distance ont mis en avant le fait que les utilisateurs possédaient des configurations spécifiques ayant un impact direct sur la “zone de sécurité” de leur fureteur et compromettant ainsi la partie visible à l’écran des page web.

Qu’est-ce que la “zone de sécurité” ou “Safe Zone” ?

La zone sécurité d’une page web est la partie de la page qui est visible dans la page-écran du fureteur à son premier affichage.  Ceci est aussi connu sous le nom de  “above-the-fold” (avant-le-pli) or “before the scroll” (avant le défilement). La zone de sécurité peut être compromise par deux facteurs principaux :

  • la résolution d’écran
  • la bordure du fureteur (barre de titres, barre d’état, barre de defilement, barre d’outils, onglets)

Plusieurs séries de tests à distance nous ont permis de colliger des captures d’écran de 51 participants. Ces tests à distance ont été réalisés sur différents types de sites web du secteur touristique, de produits de sports et d’une application liée aux ressources humaines. Les études ont été réalisées entre juillet 2007, décembre 2007, février 2008 et juin 2008.

Résultats sur la résolution:

Pour les besoins de ces études, comme il avait été demandé aux participants d’avoir au minimum une résolution de 1024 x 768,  il nous est impossible de savoir combien d’entre-eux avait une résolution plus petite que 1024 x 768. Toutefois, lors des recrutements nous avons observé que certains utilisateurs avaient encore une résolution de 800 x 600.  Parmi les captures d’écran de l’échantillon de 51 utilisateurs :

  • 60% des utilisateurs avaient une résolution de 1024×768
  • 25% des utilisateurs avaient une résolution de 1280 (1280×1024, 1280×800, 1280×768)
  • 20% des utilisateurs avaient une résolution écran large (widescreen)
  • 8 autres résolutions furent identifiées

Alors que la résolution de 1024 x768 demeure un choix populaire, nous notons que les résolutions d’écran augmentent et sont de plus en plus variées.

Résultats sur le nombre de barres d’outils:

Nos études de tests distance ont dévoilé des résultats intéressants en ce qui concerne le nombre de barres d’outils. Notre analyse porte sur les barres d’outils suivantes : les barres de menus, barres de navigation, barres d’outils spécialisées (barres Google, Yahoo etc.), et les onglets.

Un minimum de 2 barres d’outils sont présentes. Les participants de notre échantillon utilisaient Firefox ou Internet Explorer et ces fureteurs sont composés d’au moins deux barres d’outils par défaut: la barre de menu (Fichier, Édition, Affichage, etc.), et d’une barre d’adresse. Dans le cas de Internet Explorer 7, plusieurs utilisateurs auront un troisième niveau par défaut car la page initiale du fureteur comporte un onglet.


La majorité des fureteurs des utilisateurs comportait 4 barres d’outils. En moyenne, les fureteurs comportait 3 ou 4 barres d’outils, mais la majorité en avaient 4.


Toutefois, un utilisateur avait 7 barres d’outils dans son fureteur.


Les barres d’outils variaient selon les utilisateurs, mais les éléments les plus communs étaient :

  • la barre de menu
  • la barre de navigation
  • la barre d’adresse
  • la barre d’adresse et de navigation combinées
  • la barre Google
  • les onglets

Présence de la barre d’état. 49 participants sur 51 comportaient un fureteur avec une barre de statut.

Une résolution plus basse ne veut pas forcément dire moins de barres d’outils. On pourrait penser que les utilisateurs ayant des fureteurs avec le plus de barres d’outils auraient des résolutions plus grandes, mais ce n’était pas le cas. Les utilisateurs avec 6 et 7 barres d’outils avaient une résolution de 1024 x 768.

Alors, quelle est la taille moyenne de la zone de sécurité ?

Basé sur nos résultats, la zone de sécurité (partie visible de la page-écran) en fonction de la résolution et du nombre de barres d’outils peut varier en hauteur de 494 pixels à 912 pixels et en largeur de 997 pixels à 1138 pixels.


Qu’est-ce que ça veut dire en conception de site Web ?

La zone de sécurité est un élément clé du succès d’un site web. Même avec un excellent design, une navigation hors du commun et des concepts innovateurs, si l’utilisateur ne peut pas voir les éléments clés telle une barre de navigation placée en dehors de la portion visible à l’écran, l’expérience entière en souffrira.

Il faut considérer que la zone de sécurité actuelle ne représente pas la résolution maximale disponible les utilisateurs voient les pages web au travers de leur fureteur. Les concepteurs devraient continuer à optimiser leur design pour 1024 x 768, mais le design devrait être suffisamment flexible pour accommoder le 800 x 600, des résolutions plus grandes et la présence des barres d’outils:

Tenir compte de la zone de sécurité lors de la conception. Il serait recommandé de s’assurer que tout contenu crucial soit affiché dans la zone de sécurité (la partie visible avant le pli). Les éléments principaux de navigation ne devraient pas être cachés.

Fixer la largeur de la zone de sécurité à 960 pixels. La largeur ne devrait pas dépasser 1003 pixels, toutefois cela ne veut pas dire de se coller à l’arête de la page. Une largeur de 960 est un bon choix qui se divise bien par 10 ou 12, ce qui peut être pratique pour les concepteurs visuels.

Fixer la hauteur de la zone de sécurité à 540 pixels. La hauteur est affectée par le nombre de barres d’outils. Si on considère une résolution de 1024 x 768 comportant 4 barres d’outils, alors la hauteur devrait se tenir en-dessous de 570 pixels. Là encore on suggère 540 pixels, car le chiffre se divise bien par 10 et 12 et se situe juste en-dessous de la hauteur minimum selon l’analyse de nos captures d’écrans.

Faire preuve de flexibilité. Quoiqu’il en soit, le site devrait être flexible, de façon à permettre aux utilisateurs furetant avec des résolutions différentes et avec un nombre X de barres d’outils de naviguer sans être perdus.

Article posté par Yannick Roy
Jeudi 23 Avril 2009

Le captcha (2/2) : alternatives et bonnes pratiques

Image de Yannick Roy Yannick Roy - Comments 1 Commentaire

Je parlais dans un précédent billet du captcha, de sa raison d’être, de sa facilité à être franchie et que le moyen consistant à brouiller plus encore le captcha devient aussi une difficulté pour l’humain.
Cependant, en cherchant les différentes stratégies possibles pour satisfaire la sécurité et permettre à l’utilisateur de passer cette étape, je me suis rendu compte qu’il existait beaucoup de variantes au captcha.  Voici un petit tour d’horizon de ceux-ci.

Le captcha classique


1. Inscription msn

Le captcha animé

2. Notice.fr

Avantage :
- Le captcha n’est pas dévoilé au complet à un instant t et/ou son environnement bouge constamment. Cela augmente la difficulté pour un robot.

Inconvénient :
- Le temps d’attente pour revoir les chiffres que l’utilisateur pourrait avoir manqués nécessite de rester attentif durant la totalité de l’animation.

Le captcha spécialisé

3. http://random.irb.hr/

Avantage :
- La compréhension du captcha est difficile pour un robot.

Inconvénients :
- Le temps de calcul pour l’humain est trop long par rapport à la lecture d’une série de chiffres et de lettres.
- Seules les personnes familières avec ces équations pourront utiliser le service. (Si cela est l’objectif, c’est parfait, sinon il vaut mieux éviter de perdre des utilisateurs).
- Les réponses à ce genre de captcha sont souvent simples pour ne pas augmenter le risque d’erreur, donc peu fiables. Ex. si la réponse était 1,748242149… Devra-t-on arrondir et à quelle décimale ? (Ici la réponse est 0…)

Le captcha basé sur le langage


4. Captcha de langage - Quel est le contraire de chaud ?

Avantages :
- Difficulté pour un robot de déterminer la syntaxe de la question et ainsi faire le lien entre les nombres et la réponse attendue ou les mots “contraire” et “chaud” pour le second captcha.
- Sur une question simple, la réponse sera facile et rapide pour l’utilisateur.

Inconvénients :
- Nécessite un gros travail de rédaction de questions pour qu’elles soient simples et induisent une réponse sans hésitation.

Le Captcha basé sur la reconnaissance

5. http-//www.interaction-design.org/

Avantage :
- Il est complexe pour un robot de pouvoir reconnaitre les formes sur les photos et de les identifier. D’autant plus que le détail et la qualité sont faibles, laissant une grande marge à l’erreur.

Inconvénient :
- Encore une fois, il faut faire attention. La reconnaissance d’un animal, par exemple, peut ne pas être évidente. On ne peut pas pré-supposer que les utilisateurs pourront trouver la réponse à cette “énigme”. Il est important de toujours avoir la possibilité d’obtenir un autre captcha qui pourrait correspondre au domaine de connaissance de l’utilisateur. Cela est valable pour tous les captchas.

Ainsi donc, il existe beaucoup de variantes dans les captchas et nous en avons vu de façon assez succinctes, les forces et les faiblesses. Ces captchas varient dans leur présentation, dans les interactions que doit effectuer l’utilisateur mais aussi dans les capacités cognitives qu’il doit mettre en œuvre: le langage, la reconnaissance de formes, le raisonnement (calcul, …).

Bien qu’il existe des méthodes d’analyse et de conception de formulaire permettant d’avoir une bonne idée de l’origine humaine ou non de celui qui a rempli le formulaire, elles sont selon moi des pratiques pouvant être rapidement contournée par le concepteur du robot. Par exemple, cacher un champ au yeux de l’utilisateur alors qu’il sera rempli par un robot pourrait facilement être contourné. Les patterns de ces pratiques sont bien plus simple à repérer que de modéliser des mécanismes cognitifs par un algorithme.

En conséquence, et même s’il peut paraître étrange d’avoir à prouver son humanité, il est plus intéressant de ne pas standardiser la forme du captcha et de continuer d’en offrir une grande variété, même au sein d’un unique service. Imaginons par exemple un service Y qui offre un captcha différent (de façon aléatoire) pour chaque accès à sa page d’inscription. Cela serait plus complexe, voire impossible à franchir pour un robot car il devra déterminer le type d’action et de réponse attendue face au problème posé par le captcha.
Néanmoins, il faut établir des “normes” car la difficulté réside dans la forme du captcha et la population doit pouvoir facilement et rapidement passer à travers cette étape, car elle ne doit surtout pas constituer un frein à l’accès au service en ligne. D’où l’importance de connaître les caractéristiques de ses utilisateurs et les mécanismes cognitifs mis en jeu pour franchir le captcha.

Article posté par Jay Vidyarthi
Lundi 20 Avril 2009

Pourquoi les gens utilisent Twitter?

Image de Jay Vidyarthi Jay Vidyarthi - Comments 1 Commentaire

Pour les amoureux d’Internet qui n’ont pas encore pris le train Twitter une question surgit constamment: “Pourquoi les gens utilisent Twitter?”

On pourrait penser que Twitter ressemble à un simple flux du style Facebook avec le principe de mise à jour des différents statuts sans autre caractéristique. Je ne comprenais pas pourquoi le “Tweeting” accrochait tant, alors j’ai décidé de passer une heure à visiter quelques pages Twitter dans le but de comprendre comment et pourquoi les gens utilisent ce service.

J’ai fini par être un peu intoxiqué moi-même. Ironique, je sais…

À ce qu’il me semble, le point distinctif de Twitter vient du fait qu’il permette une forme de relation asymétrique: je peux me connecter sur toi, même si tu ne te connectes pas sur moi. La force de cette idée offre une expérience unique si on la compare à d’autres services comme LinkedIn ou Facebook.  Par exemple, j’ai pu suivre une interaction entre deux musiciens que j’admire, Trent Reznor (de Nine Inch Nails) et Courtney Taylor (de The Dandy Warhols), sans qu’aucun des deux n’ait à approuver quoi que ce soit. J’ai pu donc les suivre sans me faire suivre.  Cette architecture permet aux penseurs et aux éditeurs de contenus de faire la promotion de leur travail, de leurs idées et ce jour après jour, auprès de milliers de fans, sans avoir à se connecter directement à chacun d’entre eux.

À l’inverse, l’architecture symétrique “d’amis” de Facebook n’offre pas ce genre de liberté; à chaque instant, on force les utilisateurs dans une interaction sociale bidirectionnelle. L’équipe de Facebook a identifié ce fait et a tenté d’implanter une interaction semblable en permettant aux créateurs de contenus de créer leurs propres pages lorsque les utilisateurs deviennent des fans, alors que l’architecture asymétrique à la Twitter leur permet de satisfaire leurs besoins tout particulier de créateurs de contenus avec beaucoup plus de grâce et de simplicité.

Je démarre mon expérience Twitter, mais autant que je sache, il me semble qu’il est plus utile de connecter les gens qu’on ne connaît pas entre eux plutôt que de connecter ceux qu’on connaît déjà. Êtes-vous un super utilisateur de Twitter? Corrigez-moi si je me trompe à @jayvidyarthi(en anglais).

Article posté par Yannick Roy
Lundi 08 Décembre 2008

Oublier sa carte au guichet automatique

Image de Yannick Roy Yannick Roy - Comments 6 Commentaires

Il m’arrive parfois d’oublier ma carte bancaire dans les guichets automatiques et je me suis demandé ce qui pouvait être en cause, et s’il existait des distributeurs permettant d’éviter ce genre d’oubli.
J’ai commencé par m’intéresser aux différentes séquences que l’on pouvait retrouver dans les distributeurs et on observe déjà un grand nombre de variabilités.

Tout d’abord deux distinctions majeures :
• il y a les distributeurs qui ne permettent que de retirer de l’argent.

• Ensuite il y a ceux qui permettent de nombreuses opérations (consultation de solde, retrait, dépôt…). Avec ces derniers, les séquences peuvent varier.

Les différentes séquences existantes

En ce qui concerne la première séquence, il est impossible d’oublier sa carte sur un distributeur qui ne permet qu’un retrait d’argent. La raison est simple, il faut récupérer sa carte pour prendre ses billets.

Cependant, si vous avez la possibilité de faire d’autres opérations, la carte est conservée dans la machine jusqu’à ce que vous ayez terminé (séquence 2). En effet, la plupart des autres opérations ne nécessitent pas forcément qu’un élément sorte de la machine. C’est là que vous partez en oubliant votre carte.

Selon moi, la séquence 2 est la plus propice à un oubli. L’hypothèse que je pose est la suivante : Lorsque l’on retire de l’argent ou que l’on fait plusieurs opérations, la carte nous est rendue qu’à la fin, c’est-à-dire lorsque la ou les tâche(s) que nous nous sommes fixées sont terminées. Alors nous partons et oublions notre carte bancaire.

Finalement seule la 3ème séquence garantit que vous ne laissiez pas votre carte dans la machine, mais celle-ci est surtout rencontrée sur les guichets d’entreprises tierces (non bancaires), et donc moins usitée que les deux autres. Peut-être l’utilisateur se sent-il plus en confiance durant ses transactions s’il peut faire le lien entre sa carte qui est dans la machine et qui devient alors son compte en banque. La récupération de la carte agit ainsi comme un feed-back confirmant la fermeture de la session, et réduisant du même coup le risque de partir tout en laissant son compte ouvert et accessible pour un autre utilisateur.

Des moyens pour éviter les oublis

Afin de palier les oublis des deux premières séquences, les systèmes bancaires ont mis en place des stimulus visuel et sonore une fois la/les tâche(s) accomplie(s). Afin de capter l’attention de l’utilisateur, un bruit strident est produit tant que la carte n’est pas retirée du distributeur. De plus l’écran indique souvent un message clignotant pour capter l’attention et parfois même le lecteur de carte est entouré de diodes qui s’allument.

Ces stratégies mises en place sont intéressantes. Ce sont des méthodes de renforcement vouées à conditionner une réponse. Skinner parle d’un renforcement qui accroit ou diminue la probabilité d’une réponse. Il existe plusieurs formes de renforcement. Celle employée ici s’apparenterait à un renforcement secondaire. C’est-à-dire basé sur des stimulus voulant donner de plus en plus d’efficacité suite à leur apprentissage. Au début, ces stimulus nous interpelleront, puis petit à petit, provoqueront la réponse attendue : la récupération de la carte. On retrouve un peu l’idée du fouet du dompteur et du lion !

Pourtant, tout ces stimulus ne suffisent pas toujours à prévenir l’oubli de la carte. Pourquoi ?
Une des raisons probables se niche dans la motivation de l’utilisateur. En effet, l’utilisateur a une tâche à accomplir lorsqu’il se retrouve devant le guichet automatique. Par exemple, un retrait ou une consultation de solde. Une fois accomplie, la tâche est terminée; récupérer sa carte bancaire n’était pas son but. Alors il l’oublie. Comme sa tâche est passée, il se projette déjà dans ce qu’il fera après et toute son attention est focalisée sur cela (ex. planification mentale de son trajet en voiture compte tenu des travaux de réfection en cours).

Ainsi, Il est tout à fait possible qu’un son ou qu’une guirlande de noël clignotante ne vienne pas capter son attention. C’est la force de l’attention sélective qui nous donne une capacité d’inhibition fantastique.

L’interface aussi joue un rôle

Finalement, on observe plusieurs séquences et elles ont toutes leur raison d’être, je constate néanmoins que c’est systématiquement avec la seconde, celle pour laquelle la récupération de la carte se fait à la toute fin, que j’oublie ma carte. Étrangement, auprès de certaines banques cela ne m’arrive jamais et pourtant la séquence est la même…

J’en conclus que la séquence imposée est probablement un élément favorisant l’oubli, mais que la conception des écrans et des messages eux-mêmes ont aussi leur rôle à jouer dans la reproduction de cette erreur « humaine ». Dans de futurs billets, nous analyserons différentes interfaces de guichets automatiques et les façons dont elles guident les utilisateurs.

Article posté par Yannick Roy
Vendredi 28 Novembre 2008

Distraction au volant enjeux et problématiques

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Voici enfin notre intervention du World usability day du 13 novembre dernier. Nous y avions présenté les problématiques du système attentionnel en situation de conduite pour montrer l’importance d’un design tenant compte, entre autres, des limites de la charge attentionnelle.

Nous vous livrons ici les deux parties de notre présentation. La première, en français, introduit ce que nous entendrons par distraction et présentera le système attentionnel et son implication en situation de conduite où des distractions interviennent.

La seconde partie, en anglais, part du constat que les technologies sont un dangereux distracteur dans le cadre d’une tâche de conduite. Différentes approches scientifiques pour modéliser, mesurer, évaluer et améliorer les interactions sont présentées dans un contexte d’expérience utilisateur.

Partie 1:

Partie 2:

Article posté par Jay Vidyarthi
Lundi 28 Juillet 2008

La recherche sur la perception au service de la conception d`interfaces audio

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Les connaissances reliées à la perception humaine s’avèrent souvent utiles pour bien comprendre et améliorer les interactions entre l’humain et la machine, et le domaine des interfaces audio n’échappe pas à cette tendance. Les recherches en psychophysique auditive s’intéressent à la représentation du son dans le cerveau humain d’un point de vue perceptif. Plusieurs percées dans ce domaine trouvent écho dans le développement d’appareils dont l’interface audio est adaptée à des besoins bien spécifiques. Les deux innovations suivantes, reliées à la perte de l’audition, en sont de bons exemples.

Prenons d’abord le cas des dispositifs d’amplification du son conçus pour le gens souffrant de perte de l’audition. Les utilisateurs de tels dispositifs éprouvent depuis longtemps des difficultés à converser au téléphone lorsqu’ils utilisent leur appareil, celui-ci rendant souvent la conversation insoutenable, en raison de multiples interruptions dues à une amplification erratique. Ce problème est amplifié (pardonnez le jeu de mots !) par l’inhabilité de ces appareils à distinguer les sons « utiles » de la simple cacophonie ambiante, problème plus sérieux que jamais avec l’usage maintenant généralisé du téléphone mobile dans les endroits publics. Une solution viable à ce problème semble être ce nouveau dispositif sans fil de Nokia, le Wireless Loopset, qui agit en même temps comme un casque sans fil (Bluetooth) pour téléphone mobile et un amplificateur de son optimisé. La solution semble prometteuse, car elle est à la fois complète et élégante.

Une autre démonstration provient de l’étude de la presbyacousie, c’est-à-dire la perte, avec l’âge, de la sensibilité auditive qui se reflète par une incapacité à entendre les sons de hautes fréquences. Ce phénomène est progressif et serait dû à une dégénérescence de certains récepteurs neuraux dans la cochlée (élément de l’oreille interne dont un des rôles consiste à séparer les sons complexes en composantes individuelles). Fait étonnant, parmi les premiers « chercheurs » à avoir adopté ces connaissances au domaine des interfaces se trouvent…de jeunes étudiants britanniques aux intentions pas très scientifiques ! En effet, ceux-ci remplacèrent leurs sonneries de téléphones cellulaires par une sonnerie à fréquence très élevée, baptisée « mosquito » par la firme de sécurité à son origine. Bien que cette sonnerie fut initialement développée pour faire fuir les jeunes flâneurs des endroits public sans indisposer les adultes, ironiquement, ces jeunes l’utilisèrent plutôt pour s’adonner à l’échange de messages texte en pleine classe et à l’abri de leurs professeurs plus âgés. Cette dernière anecdote soulève deux questions :

  • Comment intégrer ce principe à un produit commercialement viable (et éthique) ?
  • Etes-vous suffisamment jeune pour entendre ce son ?
Article posté par Joëlle Stemp
Mardi 29 Janvier 2008

Pour parler de la multiplicité des tâches au volant

Image de Joëlle Stemp Joëlle Stemp - Comments 2 Commentaires

Voilà bien longtemps que je voulais apporter mon grain de sel aux discussions sur l’utilisation du cellulaire au volant et puis l’occasion s’est présentée, il y a quelques jours, sous la forme d’une nouvelle parue dans Cyberpresse.ca. Je ne pouvais plus résister, il fallait que je partage avec vous mes réflexions et observations sur le sujet.

La nouvelle en question relatait la mésaventure de Monsieur Lévesque, maire de Trois-Rivières, qui occupé à lire au volant, aurait emboutit un panneau d’arrêt.

Article posté par Rémi Doller
Lundi 04 Juin 2007

Comportement des utilisateurs et e-commerce

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Des recherches récentes ont montré qu’un jugement peut s’effectuer après seulement 50 millisecondes d’exposition à un stimuli (Lindgaard, Dudek, Fernandes & Brown, 2006). C’est-à-dire qu’en regardant une page Web, un utilisateur peut se faire une idée de la qualité du site au complet de manière quasi instantanée.

Les émotions ressenties et les premières impressions ont une forte influence sur nos comportements. Imaginons par exemple les répercussions sur la prise de décision des utilisateurs. Lorsque l’on visite un site, la première page visionnée (que ce soit page d’accueil ou une autre page du site) joue un rôle primordial car elle est le point de contact initial que nous avons avec un produit ou une société.

À l’évidence, notre première réaction est de quitter un site s’il ne répond pas immédiatement à nos attentes, besoins ou si nous rencontrons trop de difficultés. Nous pouvons décider d’abandonner rapidement un site pour de multiples raisons. Nielsen (Alertbox, August 25, 2003) nous le fait très bien remarquer :

- si un site est difficile à utiliser, nous le quittons
- si une page d’accueil n’arrive pas à établir clairement ce que la société peut offrir et ce que nous pouvons faire sur le site, nous le quittons
- si nous sommes perdus sur un site, nous le quittons
- si les informations sont difficiles à lire ou si elles ne répondent pas à nos questions, nous le quittons

Ajoutons à cela que si le site n’est pas attrayant du point de vue visuel, s’il n’arrive pas à capter directement notre attention et engendrer un jugement positif (de la « sympathie », par exemple), nous le quittons.
Pour générer des émotions positives, une interface utilisateur doit répondre à certains critères de conception. Ces règles concernent, par exemple, les qualités esthétiques, l’utilisation des couleurs, l’organisation des pages, le choix des médias pour attirer l’attention … Pour une description de ces heuristiques particulières, je vous renvoie à un article très intéressant d’Alistair Sutcliffe (ici).

La beauté et l’esthétique peuvent donc avoir un impact sur notre décision de quitter instantanément le site ou, au contraire, de l’explorer plus avant.
Nous l’avons tous et toutes déjà vécu – pour ma part, je me souviens tout particulièrement d’avoir voulu planifier un petit voyage sur le Web. Premier site examiné : que du texte, ça clignote de partout, pas une photo pour me faire rêver (un comble)… à peine le temps de relever ma tête que le pointeur de ma souris se situait déjà sur « précédent » pour revenir au plus vite sur mon moteur de recherche préféré… direction: un site concurrent.

Cependant, il y a des jours où l’objectif, le but d’un utilisateur sont plus forts que tout. C’est ainsi que j’ai souvenir d’avoir dépassé de très nombreuses contraintes et difficultés pour acheter ce petit objet technologique à « tarif réduit », réduction que je n’aurais pas pu avoir sur un autre site … aussi utilisable ou esthétique eut-il été. Mon objectif et mes motivations (posséder ce produit à un tarif avantageux) ont prévalu sur la pauvre qualité visuelle et l’utilisabilité désastreuse du site. À ce sujet, je vous réfère au blogue de mon collègue Marcio Leibovitch et daté du 23 août 2006 qui parlait du paradoxe né du fait que certains produits aux interfaces plus que douteuses sont adoptés parce qu’ils répondent à un besoin réel.

Il convient donc de conclure sur le fait qu‘indépendamment des préoccupations esthétiques et d’utilisabilité, de nombreux autres facteurs (contextuels et motivationnels) dirigent nos comportements de recherche d’informations et d’achat mais que ce n’en sont pas moins des préoccupations très importantes.

Article posté par Chrystel Black
Vendredi 02 Mars 2007

Sécuritaires, les interfaces vocales ?

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Ce n’est pas que je souhaite faire de la publicité pour Nuance, ni que j’aie quelque chose contre cette excellente compagnie; il faut dire qu’ils ont su brillamment faire parler d’eux récemment. Mais est-ce une bonne idée ou un impair total des gens du marketing ?
Jugez-en par vous-même avec ce vidéo distribué sur YouTube, Amazing Race: Distracted Driving.

Ce vidéo nous montre deux participants au volant de voitures fictives, l’un muni d’un téléphone cellulaire normal activé par commandes vocales et l’autre, muni d’un simple (héhé) iPhone ou pire encore (wouache), d’un Samsung de dernière génération. Chaque participant se fait donner des tâches à réaliser pendant qu’il conduit, et on veut savoir lequel des systèmes de commandes assure une meilleure sécurité routière.

D’une flagrante mauvaise foi, ce vidéo nous prouve par a+b que l’interface vocale est sacrément plus efficace que l’interface tactile et ô combien plus sécuritaire pour le conducteur (et accessoirement, pour les piétons).

Je crois aux interfaces vocales, mais là, je doute que l’exercice ici fait soit un bon moyen de vendre le concept, dans cette époque de dictature de la sécurité: avons-nous vraiment besoin de commander des sushis pendant que nous sommes au volant ? Avons-nous absolument besoin d’envoyer un texto à Solange en conduisant ? Le meilleur moyen d’arriver à destination sans anicroche n’est-il pas simplement celui de garder ses deux mains sur le volant en tout temps ?

Laisser penser que l’interface vocale règle le problème de sécurité dû à l’emploi du cellulaire sur la route est litigieux. L’attention est très sollicitée lors de la tâche de conduite. Dès qu’un nouveau stimulus intervient, les ressources d’attention se trouvent partagées entre les différents stimuli. Le fait de réaliser une tâche via le téléphone tout en conduisant, quel que soit le mode d’interaction avec ce téléphone, réduit l’attention disponible pour ce qui se passe sur la route. C’est une Lapalissade, bien sûr, mais ce n’en est pas moins un fait rapporté dans de multiples études pullulant sur Internet.

Alors, n’oubliez pas: Les DEUX mains sur le volant ! La SQ va vous aimer mieux !

Article posté par Joëlle Stemp
Mercredi 22 Février 2006

À qui s’adresse ce panneau de signalisation ?

Image de Joëlle Stemp Joëlle Stemp - Comments 8 Commentaires

Au moment où Transports Québec songe à changer les panneaux sur les autoroutes, on peut regarder certains panneaux de signalisation en ville et s’interroger sur leur facilité de compréhension.

Imaginez la situation suivante : Nous sommes un lundi, 8h du matin. Vous vous rendez au travail en auto et roulez sur une rue à double sens de circulation et à quatre voies ; disons la rue Sherbrooke à Montréal en direction est. La circulation est dense.

Vous désirez tourner à gauche à la prochaine intersection. À cette intersection, en bas des feux de circulation, un panneau de signalisation retient votre attention. Vous avez quelques secondes pour lire et comprendre l’indication sur le panneau.

D’après-vous, pouvez-vous tourner à gauche ?
Essayons de comprendre ce panneau. Le conducteur a l’obligation de rouler tout droit ou de tourner à droite du lundi au vendredi de 15h à 18h

Donc, pouvez-vous tourner à gauche ? EH BIEN OUI !
Ce panneau sous-entend qu’il est interdit de tourner à gauche du lundi au vendredi, de 15h à 18h. Il est donc possible à 8h du matin de tourner à gauche.
Est-ce que cela veut dire qu’en dehors des heures indiquées, il est interdit d’aller tout droit et à droite ?

À qui s’adresse ce panneau ?
Pas au conducteur qui désire aller tout droit ou à droite, car il est possible de le faire en tout temps. Ce panneau s’adresse en fait au conducteur qui veut tourner à gauche.

Petite analyse de tâche : En quelques secondes, le conducteur devra effectuer un travail mental important : en plus de balayer constamment du regard la route, de tenir son volant avec ses mains et d’actionner les pédales de ses pieds, il devra :

  • ­ repérer le panneau de signalisation
  • ­ vérifier dans son rétroviseur, la proximité de l’auto en arrière de lui
  • ­ freiner pour ralentir sa vitesse afin de pouvoir lire le panneau
  • ­ lire le panneau
  • ­ comprendre le sens du panneau
  • ­ se rappeler du jour actuel
  • ­ regarder l’heure sur sa montre, sur le tableau de bord ou la deviner
  • faire une déduction : “si j’ai obligation d’aller tout droit et à droite, du lundi au vendredi entre 15 et 18h, c’est que je n’ai pas le droit de tourner à gauche à ces heures-là, mais comme il est 8h du matin, je peux “
  • ­ prendre la décision de tourner à gauche
  • ­ balayer la route en avant, à droite et à gauche
  • ­ regarder en arrière dans son rétroviseur
  • ­ le cas échéant, signaler son intention de tourner à gauche
  • ­ se placer dans la file de gauche
  • ­ tourner à gauche. Ouf !

Est-il possible de simplifier ce panneau ?
Nous pourrions peut-être nous adresser à l’utilisateur visé, donc à celui qui désire tourner à gauche plutôt qu’à celui qui va tout droit et lui indiquer “tout de go” qu’il est interdit de tourner à gauche du lundi au vendredi, de 15h à 18h.

Pour cette situation donnée, quel panneau est le plus facile à décoder pour vous? Celui indiquant l’obligation ou celui indiquant l’interdiction ?