Les connaissances reliées à la perception humaine s’avèrent souvent utiles pour bien comprendre et améliorer les interactions entre l’humain et la machine, et le domaine des interfaces audio n’échappe pas à cette tendance. Les recherches en psychophysique auditive s’intéressent à la représentation du son dans le cerveau humain d’un point de vue perceptif. Plusieurs percées dans ce domaine trouvent écho dans le développement d’appareils dont l’interface audio est adaptée à des besoins bien spécifiques. Les deux innovations suivantes, reliées à la perte de l’audition, en sont de bons exemples.
Prenons d’abord le cas des dispositifs d’amplification du son conçus pour le gens souffrant de perte de l’audition. Les utilisateurs de tels dispositifs éprouvent depuis longtemps des difficultés à converser au téléphone lorsqu’ils utilisent leur appareil, celui-ci rendant souvent la conversation insoutenable, en raison de multiples interruptions dues à une amplification erratique. Ce problème est amplifié (pardonnez le jeu de mots !) par l’inhabilité de ces appareils à distinguer les sons « utiles » de la simple cacophonie ambiante, problème plus sérieux que jamais avec l’usage maintenant généralisé du téléphone mobile dans les endroits publics. Une solution viable à ce problème semble être ce nouveau dispositif sans fil de Nokia, le Wireless Loopset, qui agit en même temps comme un casque sans fil (Bluetooth) pour téléphone mobile et un amplificateur de son optimisé. La solution semble prometteuse, car elle est à la fois complète et élégante.
Une autre démonstration provient de l’étude de la presbyacousie, c’est-à-dire la perte, avec l’âge, de la sensibilité auditive qui se reflète par une incapacité à entendre les sons de hautes fréquences. Ce phénomène est progressif et serait dû à une dégénérescence de certains récepteurs neuraux dans la cochlée (élément de l’oreille interne dont un des rôles consiste à séparer les sons complexes en composantes individuelles). Fait étonnant, parmi les premiers « chercheurs » à avoir adopté ces connaissances au domaine des interfaces se trouvent…de jeunes étudiants britanniques aux intentions pas très scientifiques ! En effet, ceux-ci remplacèrent leurs sonneries de téléphones cellulaires par une sonnerie à fréquence très élevée, baptisée « mosquito » par la firme de sécurité à son origine. Bien que cette sonnerie fut initialement développée pour faire fuir les jeunes flâneurs des endroits public sans indisposer les adultes, ironiquement, ces jeunes l’utilisèrent plutôt pour s’adonner à l’échange de messages texte en pleine classe et à l’abri de leurs professeurs plus âgés. Cette dernière anecdote soulève deux questions :
- Comment intégrer ce principe à un produit commercialement viable (et éthique) ?
- Etes-vous suffisamment jeune pour entendre ce son ?











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