Voilà bien longtemps que je voulais apporter mon grain de sel aux discussions sur l’utilisation du cellulaire au volant et puis l’occasion s’est présentée, il y a quelques jours, sous la forme d’une nouvelle parue dans Cyberpresse.ca. Je ne pouvais plus résister, il fallait que je partage avec vous mes réflexions et observations sur le sujet.
La nouvelle en question relatait la mésaventure de Monsieur Lévesque, maire de Trois-Rivières, qui occupé à lire au volant, aurait emboutit un panneau d’arrêt.
Questionné sur l’incident ou l’accident devrai-je dire, Monsieur Lévesque aurait expliqué qu’il était en train de lire son budget: “J’étais en train de lire mon budget. C’était dans la période du budget. Vous savez comme maire quand on conduit, qu’on téléphone, qu’on est dans la paperasse et qu’on est préoccupé… On pense tout le temps, alors c’est ça qui arrive”, aurait-il mentionné.
Si vous pensez que le cas de ce Monsieur est anodin, alors comme disent nos amis anglais “Think twice”.
Voilà déjà quelque temps que je consigne les comportements des automobilistes lors de trajets réguliers Montréal-Québec. Il y a différentes formes de distractions au volant, je me suis attardée à celles qui sont internes au véhicule.
Que font donc les automobilistes lorsqu’ils conduisent leur véhicule? Toutes sortes de choses et plus encore: ils* conduisent évidemment, mais ils téléphonent aussi, discutent ou se disputent avec les passagers, fument, écoutent de la musique et chantent à tue-tête, mâchent de la gomme, mangent, boivent des liquides chauds ou froids, se maquillent, fouillent dans la boîte à gants, règlent le système de navigation, parlent dans leur cibi, lisent leurs courriels sur leur Blackberry, lisent aussi des magasines en conduisant (situation réellement observée pendant 40 minutes sur l’autoroute 20 en direction de Québec, un automobiliste lisant une revue porno tout en conduisant), rêvent en observant le paysage, regardent des dvd (témoignage d’un jeune ami), etc.
Donc, si vous pensez que téléphoner au volant est dangereux, ce que je ne remets pas en cause, vous serez surpris (et finalement pas si surpris que ça) des différentes formes de distractions observées dans ce lieu de culte qu’est l’automobile.
Plusieurs études confirment la multiplicité des tâches au volant. Le tableau ci-dessous est tiré de l’enquête 2003 Nerves of Steel commandée par le Conseil canadien de la sécurité et SteelAlliance où 80% des automobilistes interrogés avaient admis avoir effectué plusieurs tâches au volant.
D’autres enquêtes sur le sujet de la distraction au volant sont disponibles, dont celle du Driving Standards Agency (DSA), et de l’Executive Agency of the Department for Transport, mise à jour en septembre 2007 et ajoutant à la liste des distractions “fumer en conduisant”.
Les sources de distraction affectant les conducteurs sont présentées par ordre de fréquence:
Selon des études récentes de companies d’assurances combinées à celles des donnés du National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), manger en conduisant est une des sources de distraction les plus importantes. Voir le top 10 des aliments à ne pas consommer sur la route :
Voici un autre exemple de conseils prodigués en Californie sur la distraction au volant.
Le problème est donc plus complexe que d’interdire ou pas l’utilisation des cellulaires au volant. Beaucoup de distractions peuvent détourner notre attention de la route, on peut essayer d’en limiter certaines soit, mais dans le quotidien on se fait peur de temps en temps, ne serait-ce que lorsqu’on réalise soudainement qu’on a conduit par automatisme et qu’on n’a aucun souvenir d’une portion du trajet qu’on vient d’effectuer. Les études sur les types de distraction au volant sont de plus en plus nombreuses et elles ne peuvent qu’améliorer notre connaissance de la cognition de l’humain, de nos capacités et de notre sécurité sur la route.
*L’utilisation du masculin dans ce blogue a pour seul but d’alléger le texte et s’applique sans discrimination aux personnes des deux sexes.











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